Catherine Rannou est née en 1964 à Chartres en Eure-Et-Loir. Elle est architecte, diplômée de l’école d’architecture Paris Tolbiac. Elle est également titulaire d’un CAP de charpentier bois. Depuis 2003 elle enseigne le « projet d‘architecture » à l ’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne
Elle mène une activité dans les domaines de l’architecture, du design et des arts plastiques. A partir de 1990, ses recherches sur des habitats expérimentaux dans des interstices urbains [Parenthèses] sont remarquées; elle est lauréate du concours EUROPAN et ces travaux sont exposés au Centre Georges Pompidou à Paris.
En collaboration avec I.Devin, architecte, elle conçoit et réalise dans le Parc de la Villette, le Jardin des Vents (1991) et le Jardin des Dunes (1998), deux séquences de la promenade cinématique du parc de Bernard Tschumi.
Elle est invitée en 1994 aux Ateliers de l’A.R.C. du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris où elle installe des matériaux mis en œuvre au même moment dans le Parc de la Villette.
En 1996, au cours d’une résidence à Sarajevo, elle réalise ses premières vidéos autour des ruines contemporaines. L’installation « Projections » qui utilise des images et des déchets de constructions, sera exposée à la Limerick City Gallery of Art Irlande [Commissaire : Virginia Perez-Ratton / Costa Rica] et au centre d’art La Passerelle à Brest en 2008 [Commissaire : Ulrike Kremeier / Allemagne]. Une vidéo qui met en scène la colonisation des algues vertes sur le littoral breton sera projetée lors de la biennale d’art contemporain de Limerick [Commissaire : Salam M Hassan / New York].
En 2000, elle quitte Paris pour s’installer à Plouezoc’h, une commune littorale du Finistère. Depuis 2004, elle enseigne à l’école Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne. Elle réalise des logements qui expérimentent des collaborations entre art, architecture et constructeurs de hangars agricoles. En 2006, elle conçoit une maison en auto-construction à partir de containers « derniers voyages ».

C’est à l’occasion d’un « appel à artiste » qu’elle trouve en 2006, un embarquement sur l’Astrolabe, le navire de l’Institut Polaire français Paul Emile Victor (IPEV), pour se rendre sur la base française antarctique Dumont d’Urville. Elle s’intéresse alors aux édifices mais aussi aux déplacements et flux sur un territoire peu arpenté ; les parcours du matériel, des déchets tout autant que ceux des hommes sont l’objet de cette expérience au pôle. « Déplacements habités », « cartographies de l’éphémère » sont les premières restitutions d’une « mise à l’échelle » des paysages antarctiques.
La bourse du ministère des affaires étrangères «Culture France - Hors les Murs» lui permet de poursuivre ses recherches, en collaboration avec l’IPEV et le laboratoire de glaciologie du L.G.G.E. de Grenoble. Durant l’été austral 2008-2009, elle se rendra sur les bases polaires Dumont d’Urville et Concordia pour y mettre en œuvre son projet de « GlacioMobile » (habitat et laboratoire mobile scientifique). Ce sera l’occasion de poursuivre le travail de cartographie de l’éphémère et des déplacements, au cœur de la logistique polaire.
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