texte de présentation de « STATIONS »

Installation « stations » de Catherine RANNOU effectuée sur les parois extérieures des containers de l’exposition l'"Odyssée blanche"* à partir des prises de vues vidéo et dessins effectués en Antarctique


Artiste en résidence dans les stations polaires antarctiques françaises en 2007, à l’occasion de l’Année Polaire Internationale. Initiative de l’IPEV et Art aux pôles

Dans l’antarctique, territoire extrême, les déplacements sont difficiles et l’homme se trouve contraint à la lenteur.
L’intérieur des stations polaires françaises, comme le désirait Paul Emile Victor, rappelle la civilisation, la culture française, le « chez soi », au contraire l’extérieur n’offre aux regards et aux corps aucun référent, aucune échelle humaine, aucune familiarité.
Se déplacer exige une invention quotidienne, une grande prudence, et la solidarité.
C’est à partir de cet extérieur, de ce vide blanc, qui constitue en même temps un espace scientifique illimité, observé, mesuré et pratiqué, que j’ai souhaité travailler.
J’ai arpenté pendant deux mois la base française Dumont d’Urville, la station Franco italienne Prudhomme, et les premiers kms de la route du raid qui mène depuis la station Prudhomme à la station franco Italienne Concordia.
La vidéo et le dessin sont mes supports privilégiés :
- le temps « posé » pris par la main qui dessine et les yeux qui décryptent et cherchent des repères. Je prends le temps de m’installer pour dessiner, je me mets à l’abri du vent, attends que la météo soit favorable, m’assois sur le sol gelé, la neige, la glace bleue, les quelques rochers de gneiss, ou assise sur une « caisse bois » au milieu du déchargement du « raid ».
- le temps « instantané », lié à la vidéo, l’immédiateté, le mouvement, l’atmosphère sonore. A l’aide d’une « handy-cam » que je suspends à une perche, je filme dans des situations météorologiques extrêmes les extérieurs de la base. On distingue à peine les bâtiments, à peine les passerelles, les pistes tracées sur la glace. Telle une ardoise magique, les limites franches de ce territoire en construction sont balayées, brouillées, effacées le temps d’une tempête.

Pour l’exposition l’Odyssée Blanche, je propose de travailler sur les façades extérieures des container maritimes de l’exposition ‘l’odyssée blanche », et je propose une déambulation extérieure, avec des arrêts sur images, sorte de dessins, animés par le promeneur.
Cette "bande dessinée" est composée de
. dessins : issus des 10 carnets de calques et de papier réalisés lors de mes arpentages,
. de vidéogrammes: captures vidéos extraites des 24 heures de film numériques effectués in situ.

Une structure de récit, invisible pour qui n’est pas allé arpenter ce territoire, organise les images et les dessins.
Les dessins choisis sont des retranscritpions de mémoire, des déplacements et parcours que j'ai effectué lors de mes prises de vues au sein du territoire accessible entourant les stations

C.R

*« Odyssée blanche » : exposition au sujet de la base de recherche scientifique Dumont d’Urville. Organisée par Relais d’Sciences CCSTI de basse Normandie
Octobre 2007-aout 2008 présentée à Caen, Alençon, Cherbourg
Partenaires scientifiques : IPEV, Université de Caen Basse Normandie, la délégation Normandie du CNRS, API
lien Odyssée blanche

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