AU FIL DES POLES


extrait de la Conférence de presse:
Retour de la campagne d'été en Antarctique
"Au fil des pôles" Jeudi 12 juillet 2007, à 11H00
CNRS - 3, rue Michel-Ange, Paris 16e

Eté 2006/2007

Programme IPEV lien: IPEV

Art aux Pôles

Catherine RANNOU artiste- architecte

Dates du séjour:
Départ Paris: 11 janvier 2007
Arrivée base Dumont d'Urville: 20 janvier 2007
20 janvier au 24 février base Dumont dUrville
avec un séjour du 2 au 7 février à la station Cap Prudhomme
Départ Dumont d'Urville 24 février arrivée Paris 8 mars 2007


Pratique artistique

Je suis artiste et architecte. Cette double pratique oriente mon travail vers les questions de l’aménagement du territoire: comment ici et là, l’homme marque des limites, les franchit-il, les nomme t’il, comment se protège t-il, se déplace t-il, travaille t-il ?
Je filme, dessine, photographie, enregistre, puis crée des installations à partir des ces collectes.
Je peux également construire des édifices ayant un usage, ou étant habitables sur le territoire arpenté.

Les enjeux 

Une station en Antarctique pose des questions essentielles sur "l'habité", car tout y est sévèrement conditionné par les contraintes climatiques et fonctionnelles.
Une base en Antarctique constitue alors un révélateur, un condensé de poétiques de l'espace.
Des objets, des espaces, des liens néanmoins apparaissent et transitent, dérivent et disparaissent.

In situ

Aller en Antarctique pour développer un travail artistique, c’est, à mon sens, prendre le temps d’aiguiser son regard afin de voir autre chose que l’extraordinaire, le sensationnel et trouver ici un nouveau quotidien, dénicher les habitudes qui s’y sont tissées, les traces qui apparaissent et disparaissent, les noms qui se donnent etc….mais aussi les enjeux scientifiques qui s’y jouent.
Cette situation privilégiée d’être intégrée dans le quotidien d’une communauté pendant plusieurs semaines m’a permis de participer à l’ensemble des travaux des techniciens et manipulations des scientifiques mais aussi de « vivre » ici.
En résumé, ce sont dégagées de mes différentes collectes plusieurs pistes principales qui sont en cours de mise en forme:
la dimension historique de la base Dumont d’Urville : inventaire des noms, voir des lieux dits, donnés aux bâtiments par la communauté et associé à des séries de portraits vidéo de ces bâtiments. Filmés avec un protocole identique (plan fixe frontal, situations météo difficiles..) et création d’outils spécifiques, support de la caméra
le rapport entre le paysage en mouvement, (été et hiver austral) et les aller et venue des « habitants éphémères » qui découvrent puis quittent ce paysage qui se fabrique et se disloque chaque année. Je redessine sur calque ou numériquement, les mouvements à la fois du paysage, et des techniciens et scientifiques de la base Dumont d‘Urville. Une liaison régulière avec les hivernants rencontrés sur place me permet de continuer ce travail depuis la métropole.
le rapport entre la glace en mouvement du continent et les déplacements scientifiques des glaciologues et logistiques de l’Institut Polaire. Ce sont des arpenteurs, qui mesurent, balisent et enregistrent les mouvements de ce paysage, et qui donnent une échelle humaine le temps de leur passage. J’ai pu participer à la fois à la construction et la mise en place de balises sur le continent, mais également filmer les pistes crées, et projette de participer à la mise au point de caravanes de vies et de laboratoires qui pourraient voir le jour .

Impressions

La coopération entre artistes, techniciens et scientifiques a été très constructive, aussi bien pendant les travaux sur le terrain, qu’au cours des nombreuses discussions et exposés sur nos projets artistiques et scientifiques.
Cela a été l’occasion d’échanger sur nos façons de « chercher », de voir autrement, de manipuler, et a dévoilé une multitude de pistes, de méthodes d’investigation communes et partageables.
J’ai pu également trouver un esprit de coopération, lors des mes propres expériences et prises de vue.
Cette expérience a été très bien accueillie par l’ensemble de la communauté, et semble répondre à une attente de nombreux scientifiques présents lors de ces campagnes en Antarctique.
L’équipe de l’IPEV a été particulièrement attentive à la réalisation de mon projet dans les meilleures conditions, en m’offrant à la fois un espace de travail et des moyens logistiques adéquats.


C.R

Projets soutenu par Institut Polaire Paul Emile Victor lien: Institut Polaire Paul Emile Victor lien: IPEV

dans le cadre de l’Année Polaire Internationale lien:API
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